Thierry Thieû Niang Danses d’aujourd’hui

Virginia Woolf

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« N’attendons pas la fin de la guerre. Nous pouvons commencer maintenant. Commencer, simplement, prosaïquement, en empruntant des livres dans les bibliothèques publiques ; en lisant comme des omnivores, tout à la fois des poèmes, des pièces, des romans, des livres d’histoire, des biographies, l’ancien et le nouveau. Nous pouvons goûter avant de choisir. Il ne faut pas tout accepter ; nous avons chacun notre appétit, à chacun de trouver la nourriture qui lui convient. Et ne nous laissons pas intimider par les rois parce que nous sommes des gens du commun. C’est une erreur fatale aux yeux d’Eschyle, de Shakespeare, Virgile et Dante, qui, s’ils pouvaient parler – et après tout ils le peuvent – diraient : « Ne m’abandonnez pas à ces gens en perruque et en robe. Lisez-moi, lisez-moi, Vous ! ». Il leur importe peu que nous mettions l’accent au mauvais endroit, ou que nous soyons obligés de lire près d’un berceau. Bien sûr – ne sommes-nous pas des gens du commun, des outsiders ? – nous allons piétiner des fleurs et abîmer des pelouses vénérables. Mais gardons en tête ce conseil qu’un éminent Victorien qui était aussi un éminent marcheur, a donné un jour à des promeneurs : « Si vous voyez un panneau indiquant « Les intrus seront poursuivis », allez-y ! » Soyons tous des intrus. La littérature n’est pas une propriété privée ; la littérature est une terre qui appartient à tous. Elle n’est pas divisée en nations ; elle ne connaît pas la guerre. Faisons intrusion, librement, sans peur, trouvons notre chemin. »

La Tour Penchée (Folios of New Writing - Octobre 1940) dans Des phrases ailées
Collection Le Bruit du temps - Traduction Cécile Wajsbrot

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