Thierry Thieû Niang Danses d’aujourd’hui

Au cœur

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Un enfant joue à tomber. Il ne bouge plus. Il se relève et recommence.
Il dit qu’il fait semblant. Il dit qu’il joue à faire le mort ! A quoi joue-t-il ?
Et nous, que voyons nous tout à coup de cette immobilité, de cette suspension ?
De ces corps au sol ? De ces corps formant un tout, unique. Un corps commun.
Un souffle revenu.

Enfants et adolescents s’emparent de l’espace fait d’élans et de déséquilibres dans une structure chorégraphique ouverte aux différentes manières d’explorer le mouvement, la présence dansée.

Inventer ensemble un mouvement à la force et la grâce, au peu et au silence, travailler des danses comme des paysages intérieurs, abstraits, biographiques aussi comme des portraits au présent qui interrogent l’intérieur et l’extérieur, l’absence et la présence, l’identité et la fiction, le moment et la durée et composer une humanité libre et habitée de gestes ouverts, de récits et autres paroles.

L’image d’un corps, jeune, à terre. Est-il mort ou vivant ? Sommes-nous sur une plage voisine ou dans un jardin, une cour de récréation ?

Comme beaucoup, Thierry Thieû Niang a été ému par les photographies d’enfants échoués ces derniers mois, ces derniers jours. Ému, il l’est aussi lorsqu’il observe les cow-boys solitaires, les indiens dans les forêts, les tentatives des grimpeurs téméraires et celles des apprentis comédiens, ou encore des ainés qui prennent leur cadet par la main. Pour le chorégraphe, l’enfance est le territoire de l’art, le moment des prémices, des essais, des apprentissages et de tous les possibles. Un temps où l’on peut s’effondrer et renaître.

Expérimentés ou novices, ces enfants et adolescents forment déjà une communauté singulière et « avouable » en mouvement. Leur fragilité et leur engagement nous parlent d’éclosions, de chutes, de pertes et de consolations. Ils partagent le plateau avec un jeune musicien, Robin Pharo, qui rythme la cérémonie, tantôt guide, tantôt témoin. Les sonorités de sa viole de gambe relient des temps anciens et à venir, installant les onze jeunes gens dans un présent suspendu dont l’intensité vibrera longtemps, grâce aux mots de l’écrivain Linda Lê et ceux-néons de Claude Lévêque, créés pour l’occasion.

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