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Agapé, danser à l’hôpital

Agapé (l’amitié, en grec), c’est le nom qu’a donné le danseur et chorégraphe Thierry Thieû Niang à sa résidence artistique, passée au sein de l’hôpital Avicenne, à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Durant ces longs mois, l’artiste est passé de service en service - hématologie, psychiatrie pédiatrique, chirurgie orthopédique, oncologie - pour rencontrer des patients, danser avec eux, parler art et mouvement, parfois juste être présent.

« Je veux raconter ce que la danse peut, comment elle peut rapiécer, restaurer et consoler dans ce lieu qu’est l’hôpital », écrit-il. À chaque chapitre, le portrait d’un patient que la maladie ronge, abat, puis l’éclat d’un partage. « Danser, c’est donner au patient le courage de dépasser la peur qu’il ressent devant un corps qui n’est plus le sien », raconte l’auteur. Pour l’aider à l’accepter, voire à le réapprivoiser. C’est comme si Thierry Thieû Niang, le temps d’un corps à corps et d’un ballet silencieux - « qui peut durer quinze minutes ou trois heures » - portait la douleur et la peur des personnes qu’il rencontre et leur redonnait de la force.

II y a, entre les lignes d’Agapè, danser à l’hôpital, une dimension politique et éthique. Ce récit souligne combien l’art et la beauté peuvent être des soins, par leur impact sur le mental des malades (les neurosciences ont montré à quel point la musique stimule la mémoire). II rappelle surtout l’impérieuse nécessité de l’accompagnement et du « non-abandon ». Oui, la mort rôde, mais « cette main que je noue à mes doigts est tellement vivante ! La vie est là ».

Alice Le Dréau - La Croix - 20 septembre 2022

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