Thierry Thieû Niang Danses d’aujourd’hui

Les élans de la jeunesse, flottements de grâce

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« Au cœur » conception et chorégraphie de Thierry Thieû Niang, au Théâtre Paris-Villette

Une petite fille recroquevillée au sol dans l’immensité de la scène obscurcie et silencieuse, quelques jouets au fond. Jeu d’enfant ou sujet d’actualité ? Son immobilité renvoie aux images tragiques de jeunes migrants échoués sur les bords de la Méditerranée. Des enfants surgissent au fur et à mesure, la fillette se relève puis un autre tombe soudain.

Seuls, ils avancent, se dévisagent et chutent. Parfois une main soutient, cet inconnu plein de doutes et d’espoir devient un semblable qu’il faut protéger. Au son de la viole de gambe, ces petits êtres en transit s’animent, sautillent, leurs voix résonnent et témoignent d’un long périple. Particulièrement expressifs, ces corps inertes ou en mouvement, évoluent en harmonie et content l’histoire d’un exil, de rencontres où chacun grandit, explorant la manière de vivre ensemble et de trouver sa place. Incarnations et moments de légèreté, les acteurs du monde de demain dansent et apportent du réconfort face à la gravité des derniers événements. Un spectacle extrêmement poétique et de toute beauté.

Pour cette création, le chorégraphe Thierry Thieû Niang s’est entouré d’enfants et d’adolescents de toute origine. Si le thème de l’enfance est récurrent dans son travail, il s’intéresse ici à la chute des corps et l’effet provoqué par ces chocs répétés, l’abandon et l’identité. La danse permet à l’enfant d’exprimer sa singularité, seul ou en groupe, chacun étant à l’écoute de l’autre. Les gestes sont précis, symboliques et ouverts. Les corps en mouvement dessinent les lieux. La dramaturgie est accentuée par la musique, la multitude de corps jonchant le sol avec l’image de la plus jeune portée à bout de bras. La scène est dépouillée, quelques éléments forts sont présents : le gilet de sauvetage, la gerbe de fleurs et l’œuvre de Claude Lévêque, un néon représentant des petits êtres reliés ensemble par un fil, comme accrochés à un mat d’un navire. Douceur de la musique de Robin Pharo et des chants en chœur ou à capella, des interprètes gracieux et émouvants. À travers son texte, l’écrivaine Linda Lê donne la voix à ces victimes innocentes, une façon de ne pas les oublier. Thierry Thieû Niang touche chaque individu en plein cœur.

Paula Gomes - ThéâtreActu - 30 novembre 2016 - Photo Louise Arnal


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